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14/03/2021

Des Traits sur le sable N° 89

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Il y a les ateliers par Zoom, les temps de silence, et toujours l’incertitude en ce qui concerne les spectacles, ceux qui étaient programmés et qui sont régulièrement reportés, ceux qui étaient en répétition, qui sont en attente…

Alors nous avons eu un peu de temps pour regarder du côté de nos archives, et nous avons ressorti le film d’une représentation de L’Apocalypse de Saint Jean, qui avait été donnée par Gérard au début des années 2000.

619091901.jpegNous avons demandé Jean-Pierre Poggioli, réalisateur du film, de nous envoyer quelques dizaines de DVD que nous proposons à celles et ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de voir ce spectacle, ou qui voudraient le revoir.
Gérard a raconté dans son livre De la scène à la Cène comment et pourquoi il avait monté ce spectacle, aidé par Pierre Lefebvre, avec qui il avait déjà monté L’Évangile selon Saint Jean. Toute une série de coïncidences l’avaient amené à se lancer dans ce projet “improbable”, “fou”, sur un texte “incompréhensible”. Comment une clé de lecture lui était peu à peu apparue, dans une démarche intuitive, intime, s’interdisant la lecture des interprétations existantes.
Voici quelques extraits du texte qui était distribué aux spectateurs à l’entrée de la salle :

… Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir l’impression que le ciel vous tombait sur la tête ? Que tous vos repères explosaient, s’éparpillaient, se défaisaient, se diluaient ? Avez-vous connu cette sensation de vous noyer dans l’incompréhension, le désespoir ?
Avez-vous à certaines heures senti en vous ces luttes entre ce qui voulait se tourner vers la vie, la joie, les autres, l’amour, l’amitié, et la tentation du repli sur soi, avec les égoïsmes, les pessimismes, le jugement, le découragement ? Avez-vous vécu une dépression nerveuse, où avez-vous vu l’un de vos proches traverser cette épreuve ?
Êtes-vous assez âgé pour avoir connu cette impression d’être enfin arrivé au port, pour soudain vous apercevoir que “ça” recommence, et que finalement le combat ne finissait jamais, même s’il changeait parfois, peu ou prou, de forme ?
Et avez-vous parfois senti que malgré les apparences, la victoire de la vie était…possible ?
Celui qui a déjà ses propres clés de lecture de l’Apocalypse, qu’elle soient religieuses, philosophiques, ésotériques, numérologiques ou psychanalytiques, celui qui ne veut pas autre chose que se laisser emporter comme dans une symphonie, ou un voyage, ou un rêve (symbolique ou non), celui qui voit dans ce texte un récit de l’Histoire ou de l’avenir, et tous ceux qui ont leur interprétation personnelle, qu’ils accueillent ce spectacle avec bienveillance, comme un essai.
Ceux qui n’ont pas de “clé” (très subjective) pour aborder ce “monstre”, peut-être pourraient-ils essayer celle-ci : leur propre vie ?
Personnellement, et sans réduire le texte à cette seule lecture, je crois que lire où écouter l’Apocalypse de Saint Jean, c’est revisiter, même à notre insu, notre vie, nos prises de conscience, nos crises, nos effondrements, nos redressements, et toutes les étapes connues de nous seuls dans le secret de nos cœurs vers la Lumière, ou la Conscience, ou le Soi, comme vous voudrez. Vers le Christ.
Bien sûr, dans le cadre d’un spectacle la difficulté majeure était de trouver l’équilibre entre cette lecture totalement intérieure et la nécessaire dramatisation. Nous avons essayé. C’est là notre pari.

Gérard Rouzier


En ces temps de pandémie que d’aucuns jugent “apocalyptiques”, lire, écouter, regarder une interprétation de l’Apocalypse avec des clés destinées à éclairer le sens du combat sera peut-être utile à quelques chercheurs de sens, quelques “fous” qui ne peuvent s’empêcher de penser qu’il y a quelque chose à comprendre, que les événements nous parlent (pas de fin du monde, mais d’un com-bat intime, d’un chemin de vie).

Alors, comme Pascale Grobras le fait dire à Élie dans le spectacle Ce matin j’étais lépreux :

« Allons, debout Élie, lève-toi ! En route !!! »

Ce sont les derniers mots du spectacle. Initialement, le texte de Pascale se terminait par “En marche”. Mais les méandres de la vie politique française nous ont fait apporter une petite modification !! 

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