05.12.2011

Genèse : entre un père et sa fille

Extraits de l'article de Nathalie Leenhardt  paru dans le numéro du 1er septembre 2011 de Réforme.

Le comédien Gérard Rouzier, auteur depuis des années de spectacles bibliques, propose une fois encore une belle lecture, cette fois-ci de la Genèse. 
Mais il n'est pas seul sur scène, une adolescente, qui joue le rôle de sa fille, est à ses côtés. Et c'est tout l'intérêt de ce nouveau travail: dire un texte merveilleux et l'interroger au fur et à mesure, l'éclairer, tenter de percer les mystères, au fil des questions posées par la jeune comédienne Aude Candéla.

Pour cela, Gérard Rouzier n'hésite pas à faire appel aux différents types de lectures qui ont émaillé les décennies et apporté chacune leur pierre à l'édifice de la compréhension des textes.
Ainsi l'acteur et auteur a-t-il travaillé en collaboration avec la psychanalyste Marie Balmary.

Un exemple: le récit de Caïn et Abel, l'offrande du premier méprisée par le père, celle du second accueillie avec joie. Pourquoi une telle différence de traitement ?
La jeune fille, au regard pétillant de malice, cherche. Son père l'aide à comprendre, allant puiser dans les détails du texte une interprétation.
Ainsi se dévoilent, au fil du spectacle qui a donné lieu à un DVD, des récits et des pistes de réponses, la fille se faisant l'écho des questions qui trottent si souvent dans la tête des spectateurs et des téléspectateurs...

Le DVD, un outil formidable à regarder en famille et en catéchèse.
 
Le spectacle, un grand moment de bonheur à faire venir dans sa ville ou sa paroisse.

19.09.2011

Le premier cours de Marcel Jousse

jousse.gifLe 28 septembre 2011, la Compagnie du Sablier  interviendra dans le cadre d'un colloque international sur Marcel Jousse, à l'Université de Lyon 3.
Gérard Rouzier « jouera » le premier cours donné par Marcel Jousse à l'école d'Anthropologie de Paris le 7 novembre 1932, intitulé :

Psycho-physiologie générale du Geste.

Il le jouera ensuite à Paris, le 19 novembre au Collège des Bernardins et le 6 décembre au Centre Culturel Georges Bernanos.
Merci à Monsieur Jean-Ghislain d'Eudeville, président de l'Association des Amis de Marcel Jousse, de nous avoir fourni les documents ci-dessous, présentant le professeur Jousse.


Qui est Marcel Jousse ?

« J'ai toujours été l'anthropologiste du Geste global et du rythme vivant » Marcel Jousse

Né à Beaumont/Sarthe le 28 juillet 1886, décédé à Fresnay/Sarthe le 14 août 1961, qui était Marcel Jousse ?

- un enfant qui s'éveille à la conscience sur les genoux d'une mère quasi illettrée et douée d'une étonnante mémoire. Son père était un simple journalier. Sa mère récitait, en les rythmant, et en les balançant, des traditions orales. La prise de conscience de ce bercement maternel initia l'enfant aux mécanismes anthropologiques, repérables principalement, dans les milieux où domine le style oral.
- un paysan qui restera marqué par la grande culture orale de ce milieu, en partie illettré.
- un écolier curieux qui fit de brillantes études classiques et qui dès l'âge de douze ans commença l'étude de l'araméen et de l'hébreu pour connaître la langue parlée par Jésus.
jousse_anim.gif- un prêtre, un jésuite. Ordonné prêtre en 1912, il entre en 1913 dans la Compagnie de Jésus. Puis il fait la guerre comme officier d'artillerie. En 1917, il est envoyé comme instructeur aux Etats-Unis et séjourne dans les réserves des Indiens dont il étudie les expressions gestuelles.
- un chercheur. De retour à Paris, il entreprend des études de phonétique, de psychologie normale et pathologique, d'ethnologie. Il confronta ses recherches avec des grands maîtres : Marcel Strauss, Pierre Dumas, Georges Dumas, Jean-Pierre Rousselot (créateur de la phonétique expérimentale) qui reconnurent en lui un chercheur exceptionnellement doué. Il fut le spécialiste de l'étude du style oral, du rythme et du geste.
- l' initiateur d'une anthropologie du geste où il étudie le rapport du geste avec les mécanismes de la connaissance, de la mémoire, de l'expression.
- un professeur. En 1931, le professeur Henri Delacroix Doyen de la Sorbonne, propose à Marcel Jousse de faire des conférences libres à l'amphithéâtre Turgot de la Sorbonne. Il y enseignera jusqu'en 1957.

 
En 1932, Marcel Jousse crée l'Institut de Rythmo-Pédagogie avec un groupe d'anthropologistes, de pédagogues et de psychiatres. Cet institut a pour but d'élaborer, d'expérimenter et de perfectionner sans cesse une pédagogie vivante fondée sur la psychophysiologie du geste, du langage, du rythme. Il établit une liaison indispensable entre le chercheur et le praticien, entre le laboratoire et l'établissement scolaire.

Cette même année 1932, Marcel Jousse est nommé à la chaire d'anthropologie linguistique à l'Ecole d'anthropologie de Paris. Il y enseignera jusqu'en 1951.

En 1933, le professeur Maurice Goguel, Doyen de la Faculté de théologie protestante de Paris, fait intervenir Marcel Jousse comme conférencier libre dans le cadre de son cours sur les origines du christianisme, à l'Ecole pratique des hautes études. Marcel Jousse y enseignera jusqu'en 1945.

Par ailleurs, deux directrices d'écoles lui demandent d'intervenir en tant que psychologue de l'enfant, ce qu'il fera dans le cadre du Laboratoire de Rythmo-Pédagogie.

Il donna également quelques conférences en Belgique, à l'Université de Louvain, ainsi qu'à Rome.

Dans chaque intervention de Marcel Jousse, ce sont les dimensions pluridisciplinaires et pratiques qui sont soulignées. C'est ainsi que les programmes annuels de toutes ses interventions en Sorbonne comme à l'Ecole d'Anthropologie portent la mention : les travaux anthropologiques de M. Marcel Jousse ont pour but de rechercher une liaison entre les disciplines psychologiques, ethnologiques et pédagogiques.

« Au fond, j'ai toujours été l'anthropologiste du Geste global et du rythme vivant. Si j'ai une mémoire déconcertante, c'est que dans ma jeunesse, j'ai toujours rythmé ce que j'apprenais ». Marcel Jousse

16.02.2011

La Genèse régénérée

Aude Candela.jpgLe spectacle créé à Avignon l'été dernier a été remodelé par son créateur, et continue de l'être au fil des représentations, puisque le principe même en est de solliciter les lectures, interprétations, questions du public. D'autre part, Isabelle Rouzier ayant du retourner au lycée et ne pouvant donc suivre son papa sur les routes, son rôle a été repris par une comédienne professionnelle, Aude Candela. Passation réussie semble-t-il puisque de nombreux spectateurs croient qu'elle est vraiment la fille de Gérard.

Les trois premières représentations des 28, 29 janvier et 4 février 2011 à Aix en Provence, Goudargues et La Celle-Saint-Cloud ont reçu un accueil très chaleureux, et de nouvelles questions, réactions, interprétations n'ont pas manqué de jaillir du public....

18.08.2010

Vincent Van Gogh, ou l'intolérable méprise ?

Van Gogh Affiche Oct2010.JPG
Pour en savoir plus sur la pièce et visionner des extraits video de Vincent Van Gogh

17.08.2010

Vincent Van Gogh, d'après les lettres de Vincent à son frère Théo

Mise en scène et adaptation: Gérard Rouzier
Collaboration artistique : Jean-Yves Brignon
Voix de Théo: Jacques Albaret
Interprété par Gérard Rouzier

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Au fil des tableaux qui se succèdent, Van Gogh parle.

Il se raconte dans les lettres qu’il écrit à son frère Théo. A travers elles, il lance son appel, crie sa faim de Dieu, sa soif d’absolu, l’exclusion, la solitude, le désir de créer, et son amour infini, jusqu’à la brisure, jusqu’à la folie, jusqu’à la fin.

 

La meilleure description du jeu sublime et passionné du comédien reste certainement celle du journal Le Monde :

« Est-ce la ressemblance physique frappante avec son modèle, la passion qui semble l’habiter à chaque réplique… ? En tout cas, une chose est sûre : Gérard Rouzier ne se contente pas simplement de jouer un rôle, il EST Vincent jusqu’au bout de sa pipe. »

Télécharger le dossier de presse

10.08.2010

Dom Helder Camara

La Compagnie du Sablier présente :

LUMIERE DE RECIFE
DOM HELDER CAMARA

de JACQUES HIVER

Mise en scène de l'auteur

avec PIERRE LEFEBVRE et JACQUES-MARIE LEGENDRE

3649944361.JPGUn écrivain, romancier à succès, doute de sa condition d'homme responsable et s'interroge sur sa raison d'être et la crédibilité de sa spiritualité.
Vigoureusement secoué par sa conscience, il part en quête du lumineux personnage qu'est l'évêque brésilien Dom Helder Camara. Dérangeant prophète.

Ce voyage le conduit sur des chemins imaginaires jusqu'à son terme : Récife, capitale du Nordeste, au Brésil. Là, d'où émane la lumière de ce sage.
Rencontres multiples et surprenantes ponctuent ce périple intemporel. Un « road movie » théâtral à la fois émouvant, tendre, grave. Mais aussi parfois teinté d'humour et spirituellement jubilatoire après lequel l'écrivain, de retour chez lui, ne verra plus jamais le monde comme avant.


Théâtre de Nesles, 8 rue de Nesles, 75006 Paris

DU 15 SEPTEMBRE AU 11 DECEMBRE 2010 à 21h
(Mercredis, jeudis, vendredis et samedis)

Prix des places : 20 €
Tarif réduit (Etudiants, chômeurs et groupe de 10 personnes) : 15 €
Deux places pour le prix d'une à 20 €, jusqu'au 25 septembre !

Réservation par téléphone: 01 46 34 61 04
Réservation par internet:  www.billetreduc.com ou www.theatreonline.com

Durée du spectacle : 90 minutes

07.08.2010

La Genèse, une affaire de famille

Céline Doukhan, Les Trois Coups :

« Dans le lieu propice de la chapelle de l’Oratoire, Gérard Rouzier propose sa lecture, mesurée et intelligente, de la Genèse. Un spectacle placé sous le signe de la transmission.

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Prenez place sur les gradins de la chapelle, et vous avez l’impression d’écouter un professeur, ce professeur dont vous avez toujours rêvé, à la voix douce, au phrasé souple et cadencé, et qui éclaircit avec facilité les notions les plus complexes. Gérard Rouzier est ce père tentant d’expliquer la Genèse à sa fille de seize ans, qui écoute et pose parfois des questions avec son regard de béotienne… adorable Isabelle Rouzier, en jean mou et Converse ®, bouche framboise et yeux gris-bleu sur une peau d’albâtre… qui, à la toute fin du spectacle, nous gratifie de quelques instants d’un chant cristallin inattendu et gracieux.

Son point de vue sert d’intermédiaire entre Gérard Rouzier et le public et permet de soulever des problèmes à la fois simples et fort complexes : Dieu, en créant la femme à partir de l’homme, était-il macho ? Comment se fait-il que Noé, l’homme intègre, se soûle avec le produit de sa vigne ? À ces questions, Rouzier père tente d’apporter, avec toutefois beaucoup d’humilité, des pistes de réponse, en des termes très simples et souvent avec une touche d’humour. Finalement, l’exégèse, ce n’est pas si compliqué que cela…
De ce point de vue, le spectacle vaut donc le détour. Loin de se résumer à un dialogue pontifiant, il parvient à faire réfléchir le spectateur, à faire appel à son intelligence et à sa sensibilité. Pour cela, Gérard Rouzier apporte des éclairages qui ne sont pas tant le fruit de lectures savantes que celui de sa propre réflexion, montrant ainsi la portée universelle du texte de la Genèse. Mais, en plus de cela, il sait, à certains moments clés, donner à ce récit mythique des accents plus théâtraux, qui résonnent avec force sous la haute coupole de la chapelle. Sa voix se fait menaçante, son regard sévère, comme lorsqu’il aborde l’épisode crucial d’Ève croquant le fruit de l’arbre de la connaissance. Le gentil professeur se fait alors terrible père fouettard, Dieu le père maudissant le serpent, animal désormais condamné à marcher sur le ventre et à manger de la poussière toute sa vie. Fini de rigoler au jardin d’Éden.
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Caïn et Abel, Noé, sa femme, ses fils et les femmes de ses fils, toute la Genèse apparaît ici comme une vaste et passionnante histoire de famille, écrite et transmise au fil des générations. Avec son spectacle, Gérard Rouzier se propose d’être l’un de ses passeurs, on pourrait presque dire un conteur. Mais le ton qu’il emploie, calme, maîtrisé (ce qui ne veut pas dire monocorde ou ennuyeux), fait toujours échapper le récit à la simple dimension narrative, au suspense, en le plaçant d’emblée dans une dimension intemporelle, mythique. Et il n’y a pas d’inquiétude à avoir : le propos de Gérard Rouzier n’est pas de convertir qui que ce soit, plutôt d’inviter les spectateurs à réfléchir à partir de ce grand récit fondateur de toute la culture occidentale, bref, à interroger notre présent par nos origines. »

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Télécharger le dossier complet : La Genèse 1-11

18.05.2010

La Genèse 1-11

Création au festival d'Avignon, juillet 2010

Après l’Evangile selon Saint-Jean, qui fut pour moi une Révélation puis un témoignage, après l’Apocalypse, que je montai pour répondre à des signes alors qu’objectivement cela me semblait une folie, et qui devint au fil du temps, aussi, un témoignage, l’idée de dire les 11 premiers chapitres de la Genèse me taraudait depuis plusieurs années.


1010485846.JPGCe texte fondateur de notre civilisation, ces récits mystérieux, souvent très perturbants, parfois révoltants, m’interpellaient sans cesse. Et chaque fois que je tentai, par peur ou par colère, de m’en éloigner, ils me rappelaient, d’une manière ou d’une autre.
Alors je me suis lancé, encore une fois j’ai plongé dans un texte immense, je me suis cogné, fâché, blessé, parfois je comprenais, parfois je désespérais, et au bout de ce véritable combat, un sens lumineux, profond, s’est fait jour.
Mythes, symboles et  réalités ont petit à petit cheminé, et mon espoir en disant aujourd’hui ce texte au public, c’est que comme pour l’Evangile et l’Apocalypse, ce travail et ce cheminement permettent de donner à entendre non seulement les paroles, mais aussi les échos, les ouvertures, les réactions d’un homme d’aujourd’hui en proie aux questions éternelles de sens, mais dans un temps bien particulier, le nôtre. L’expérience m’a appris que l’expression de cette subjectivité rejoint  la subjectivité de chacun,  et sans imposer une interprétation, touche profondément celui qui entend.
Puisse ce travail être l’occasion de nouvelles rencontres entre un texte multimillénaire et fondamental, non seulement comme je le disais fondateur de notre civilisation, mais aussi nourriture spirituelle depuis les origines, et des  spectateurs d’aujourd’hui, confrontés aux complexités du monde contemporain, à ses incertitudes, ses doutes, ses menaces. Et ses questions éternelles…

Gérard Rouzier

 

Un père raconte la Bible à sa fille

Ce partage avec le public d’un moment de transmission donne à entendre non seulement le texte, mais aussi les échos,  réflexions et réactions d’une adolescente et d’un homme d’aujourd’hui, confrontés aux complexités du monde contemporain, à ses incertitudes, ses doutes, ses menaces. Et ses questions éternelles…


Chapelle de l’Oratoire
32 Rue Joseph Vernet, Avignon

Du 12 juillet au 31 juillet, à 13h

Prix : 15 € - 10 €
Durée du spectacle : 75'

Voir aussi La Genèse, une histoire de famille : la critique de Céline Doukhan dans Les trois coups

16.05.2010

Du Châtelet à Ravensbrück, une opérette improbable

Certains d'entre vous se souviennent peut-être, dans Rose et Jeannot, de la Reine du Mal, ou de la tortue. Les deux personnages étaient interprétés par Bérénice Collet, qui jouait également Moutarde et une petite fille de l'orphelinat.

Depuis Rose et Jeannot, Bérénice a, entre autres choses, fait quelques mises en scènes au théâtre du Châtelet, et notamment Le Verfügbar aux Enfers, une œuvre incroyable et extraordinaire, une opérette écrite par Germaine Tillion alors qu'elle était internée à Ravensbrück entre 1943 et 1945. Un texte terrible, bouleversant, et en même temps plein d'humour, qu'elle a écrit cachée dans une sorte de cuve, au milieu de l'Enfer effectivement.
Je suis dans le métro, La Reine du Mal, la tortue, Moutarde et la petite fille m'appellent.  Pour le 65e anniversaire de la libération du Camp, on lui demande une représentation du Verfügbar. Il faut remplacer un comédien au pied levé. On joue dans 12 jours.

- Tu es où, là ?
- Dans le métro, je prends un train à la Gare de Lyon.
- J'habite à la gare de Lyon.
- Bon. A tout de suite.

Nous avons répété au Châtelet, avec les chanteuses du Châtelet, et 35 lycéennes du Lycée La Fontaine à Paris, qui avaient travaillé les chœurs pendant un an avec leurs professeurs.
Le texte, l'implication des uns et des autres, interprètes, metteur en scène, régisseur, chef de chœur, chef d'orchestre, pianiste accompagnatrice, staff administratif, est sans faille. Le texte de Germaine Tillion, les chansons, reprises d'air connus de l'époque sur lesquels elle a mis des paroles racontant leur vie au camp - certains airs sont introuvables, un musicologue a re-composé presque entièrement certaines chansons - tout cela, traité, ce qui est incroyable, avec humour, nous plongent dans un univers hallucinant.

Mme Postel-Vinay, qui était internée avec Germaine Tillion à Ravensbrück, vient un jour à une répétition. Les lycéennes l'entourent. Elle raconte.

Le départ en avion pour Berlin aura lieu le jeudi 15 avril.

Le 15 avril, alors que nous sommes prêts à embarquer, un lointain volcan islandais oblige tous les aéroports du Nord de l'Europe à fermer. Les trains sont pris d'assaut, les agences de location de voiture sont submergées (et nous sommes 45), le staff administratif se démène. A 19 heures, le verdict tombe. Le spectacle est annulé.

Au désespoir des lycéennes en larmes répond la torpeur de tous les adultes présents, artistes et administratifs (les techniciens et le chef d'orchestre sont déjà là-bas, eux).  Nous sommes assommés.

A partir de ce moment, pendant une vingtaine d'heures, nous partirons à 6 heures du matin à la gare du Nord, non, ça ne marchera plus,  si, non, l'armée va nous aider, non, si, le ministère de la Culture s'en occupe, l'ambassade de France en Allemagne prend l'affaire en mains... Non, c'est vraiment annulé. A moins que. Non, on a cru que, mais ça ne marche pas. On ne peut tout de même pas se téléporter. Le lendemain, (on n'y croit plus), à midi, le téléphone sonne pour la dixième fois : on part à 14 heures de la place du Châtelet avec un car de l'armée. Heureux, bien que redoutant un périple Paris-Berlin dans un camion bâché, sur des bancs en bois, dos à dos avec les partenaires et un fusil entre les jambes, nous nous retrouvons tous au Châtelet.

Partis à 15 heures, nous arrivons à 7 heures le lendemain matin. Trois heures de sommeil, nous arrivons au camp. Baraquements, grande cour, la scène a été montée à l'endroit où l'on faisait l'appel, toutes les nuits, à 3 heures du matin, où les femmes exténuées restaient debout pendant des heures. De la scène, on voit la cheminée du four crématoire.

Un raccord micro, la rencontre avec les musiciens et les lycéennes allemandes, quelques dames âgées, anciennes déportées, avec qui nous échangeons quelques mots.

A 15 heures, nous jouons  Le Verfügbar aux Enfers » devant un millier de personnes, parmi  lesquelles des amies de Germaine Tillion, (morte en 2008 à l'âge de 100 ans), des femmes qui ont vécu l'horreur sur ce même lieu où l'œuvre a été écrite il y a 65 ans. Certaines sont accompagnées de leurs petits-enfants.

Après le spectacle, les lycéennes pleurent, les vieilles dames viennent nous dire leur émotion.

Comme le dira le chef d'orchestre : on vit des moments comme cela une fois dans sa vie.

Retour le lendemain. 35 heures de car en 3 jours.

C'est fini. Pas Complètement. Vous pouvez voir cette représentation du Verfügbar aux Enfers grâce à Arte.

http://liveweb.arte.tv/fr/video/Le_Verfugbar_aux_Enfers__...

Mise en scène : Bérénice Collet
Direction musicale : Stéphane Petitjean
Mise en espace : Bérénice Collet

Le Naturaliste : Gérard Rouzier
Nénette : Claire Delgado Boge
Havas : Sophie Ponjiclis
Marmotte : Patricia Fernandez
Lulu de Belleville : Emmanuelle Goizé
Rosine : Camille Slosse
Lulu de Colmar : Béatrice Dupuy

Coproduction : Théâtre du Châtelet et Mémorial de Ravensbrück.

24.12.2007

L'Evangile selon Saint Jean

Pourquoi dire l'Evangile de Jean ?

eb1b95fa75727f552e6f3521f645e78b.jpgPeut-être simplement à cause de la joie qui, depuis des années, m’envahit lorsque je me dis à moi-même le Prologue de cet Evangile.

Envie de dire ce texte génial, envie de partager cette joie.

Oser dire ce poème inspiré qui exprime avec tant de beauté et de simplicité la trame et la substance du message chrétien.

Lors des représentations données un peu partout en France, ainsi qu’en Suisse et en Belgique, les spectateurs, laïcs, prêtres, moines, religieuses, pasteurs, croyants et non-croyants qui ont manifesté leur bonheur d’entendre l’Evangile du début à la fin –malgré les coupures inévitables dans un tel projet- ont confirmé l’intérêt de cette démarche.

Un soir, après une représentation qui avait eu lieu dehors, devant le cloître de la Basilique de Vézelay, un moine de la Fraternité de Jérusalem vient me voir et me dit : « J’étais dans ma cellule, la fenêtre était ouverte, et à un moment j’entends une voix dans la nuit, une voix qui disait des choses familières. Je suis sorti et je suis venu écouter. Merci. »

Une voix dans la nuit… N’est-ce pas souvent cela, l’Evangile ?

Gérard Rouzier


Ecouter un extrait : podcast

L'enregistrement complet du spectacle est disponible en CD audio.


Comment mettre en scène l'évangile ?

Mettre en scène, c'est à dire faire des choix, prendre parti, privilégier... oser affirmer des positions sur un texte qui interpelle depuis des siècles : quelle prétention !
Soyons donc humble, et à l'écoute de ce texte.
A l'écoute de celui qui l'a écrit pour être dit : Jean, qui était un homme, avec sa personnalité, différente de celle de Marc, Luc ou Matthieu. Ce qui transparaît dans son Langage-écriture, doux, chaleureux, direct.
A l'écoute de celui qui le dira, qui devra chercher dans le profond de lui-même la vérité, Sa vérité... et la simplicité, la clarté, la vie.
A l'écoute aussi des signes et des symboles qui alternent avec les paraboles, ellesmêmes chargées de signes et de symboles.
Essayons de les rendre clairs, de les faire ressentir, plus que de les faire comprendre. Par un cheminement artistique qui touche souvent plus fort, plus profondément que la compréhension due à l'analyse, et qui, tel un germe, nourrit, se développe et enrichit ceux qui le reçoivent, c'est à dire chaque spectateur avec sa sensibilité, son point actuel de développement, sa personnalité.
Soyons donc humble, oui, mais personnel, afin d'espérer approcher l'universel caché en chacun de nous.
C'était, je crois, le but recherché par Jean.

Pierre Lefebvre

L’Evangile de Saint Jean a été donné à la Basilique de Vézelay, à l’Oratoire du Louvre, à la Cathédrale de Chartres, au théâtre du Lucernaire, au Festival d’Avignon, et en tournée en France, En Suisse et en Belgique, devant plus de 5000 spectateurs enthousiastes.

Gérard Rouzier dans « L’Evangile selon Saint-Jean »

FIGAROSCOPE : …ce comédien habité se nourrit de la parole de l’évangéliste et nous la transmet sans intermédiaire… le message nous parvient magnifiquement…

CHRISTIANISME : ces paroles d’amour dites avec simplicité sont à recevoir comme un cadeau dans le tumulte de la vie, comme une lumière dans l’obscurité…

TEMOIGNAGE CHRETIEN : …Le metteur en scène Pierre Lefèvre a su rester humble et s’est mis à l’écoute de Jean, cet homme si doux, chaleureux, direct, merveilleusement interprété par Gérard Rouzier. Un spectacle qui réunit dans un même enthousiasme laïc et croyant.

France CATHOLIQUE : … La voix de Gérard Rouzier est chaleureuse… ce n’est pas une voix qui enseigne, c’est une voix qui donne une autre vie au récit lu tant de fois… une voix dont les accents résonnent encore en vous, plus de vingt-quatre heures après la représentation.

L’YONNE REPUBLICAINE : A recevoir comme un cadeau.

FAMILLE CHRETIENNE : …Les versets, comme l’eau vive, coule de ses lèvres. Il ne « joue » pas l’Evangile de l’Amour, il le vit, il est habité par lui, il s’efface devant lui pour mieux le transmettre. Le temps a reculé de deux millénaires… Et lorsque s’éteint le dernier feu de la rampe sur le dernier verset, un silence palpable plane de longs instants, que l’on hésite à rompre pour applaudir.

LA REPUBLIQUE DE SEINE ET MARNE : …ce spectacle merveilleusement interprété par le comédien Gérard Rouzier…

ECRITURES : Dès son apparition, les spectateurs sont saisis. Chacun croit écouter Saint Jean pour la première fois.

COURRIER

Grand merci de ce précieux coffret* qui aidera à faire connaître un merveilleux texte. J’ai été heureux que l’Oratoire ait pu à son tour bénéficier de ce beau spectacle. Bien amicalement

Théodore MONOD

Merci pour cette soirée qui a été très appréciée par tous les assistants. Vous nous avez permis de découvrir le si beau texte de Saint-Jean sous un jour bien différent d’une lecture personnelle ou même d’une lecture au cours de nos liturgies. On croyait bien connaître ce texte. C’est à une véritable relecture que vous nous avez conviés. Nous vous en sommes très reconnaissants et souhaitons à votre entreprise de mieux faire connaître l’Evangile de Saint-Jean, tout le succès qu’elle mérite.

Abbé PAUL RAMBAUD

Moi qui croyais bien connaître l’Evangile de Jean, j’avoue que cette soirée me l’a fait découvrir. J’ai vu et entendu le souffle et le mouvement des phrases et des discours, la dynamique, l’élan du récit de son début jusqu’à sa fin, qui en font une parole vivante, passionnée, provocante.

Jacques JUILLARD

Pasteur de l’Eglise Réformée

…Quelle merveille ! On en sort titubant, ivre de la Parole… il y a des moments d’une force extraordinaire et d’autres où le texte mériterait encore d’être médité pendant quelques années. C’est inévitable devant ces abîmes de mystère. Que Dieu te bénisse dans ce travail qui est un témoignage vivant pour l’homme de tous les temps !

Alphonse GOETTMANN

Prêtre orthodoxe

Messieurs, j’ai assisté à la présentation de l’Evangile de Saint-Jean et je l’ai beaucoup appréciée. Je suis certain que c’est une manière de témoigner. Mon fils aîné, si réticent actuellement, a voulu y assister à nouveau après l’avoir vu une première fois dans le cadre du catéchisme. Très sincèrement.

Jean ESCANDE

*CD du texte de la représentation.

FICHE TECHNIQUE

Spectacle adaptable à tous lieux : églises, salles diverses, plein air…

Espace scénique

Minimum 4x4m

Souhaitable 6x4m

Prises de courant pour un maximum de 2 Kw

 

Pour nous contacter : La Compagnie du Sablier

13 boulevard de la République 92210 Saint-Cloud

TEL : 09 51 01 33 90

Courriel : traitsablier@free.fr

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Télécharger la revue de presse (294 Ko) : St Jean presse.pdf

Télécharger le courrier des spectateurs (372 Ko) : St Jean courrier.pdf