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18/08/2010

Vincent Van Gogh, ou l'intolérable méprise ?

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Pour en savoir plus sur la pièce et visionner des extraits video de Vincent Van Gogh

12:09 Publié dans Spectacles | Lien permanent | Commentaires (0)

17/08/2010

Vincent Van Gogh, la quête absolue

D'après les lettres de Vincent à son frère Théo

Mise en scène et adaptation: Gérard Rouzier
Collaboration artistique : Jean-Yves Brignon
Voix de Théo: Jacques Albaret
Interprété par Gérard Rouzier

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Au fil des tableaux qui se succèdent, Van Gogh parle.

Il se raconte dans les lettres qu’il écrit à son frère Théo. A travers elles, il lance son appel, crie sa faim de Dieu, sa soif d’absolu, l’exclusion, la solitude, le désir de créer, et son amour infini, jusqu’à la brisure, jusqu’à la folie, jusqu’à la fin.

 

La meilleure description du jeu sublime et passionné du comédien reste certainement celle du journal Le Monde :

« Est-ce la ressemblance physique frappante avec son modèle, la passion qui semble l’habiter à chaque réplique… ? En tout cas, une chose est sûre : Gérard Rouzier ne se contente pas simplement de jouer un rôle, il EST Vincent jusqu’au bout de sa pipe. »

Télécharger le dossier de presse

09:18 Publié dans Spectacles | Lien permanent | Commentaires (0)

07/08/2010

La Genèse, une affaire de famille

Céline Doukhan, Les Trois Coups :

« Dans le lieu propice de la chapelle de l’Oratoire, Gérard Rouzier propose sa lecture, mesurée et intelligente, de la Genèse. Un spectacle placé sous le signe de la transmission.

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Prenez place sur les gradins de la chapelle, et vous avez l’impression d’écouter un professeur, ce professeur dont vous avez toujours rêvé, à la voix douce, au phrasé souple et cadencé, et qui éclaircit avec facilité les notions les plus complexes. Gérard Rouzier est ce père tentant d’expliquer la Genèse à sa fille de seize ans, qui écoute et pose parfois des questions avec son regard de béotienne… adorable Isabelle Rouzier, en jean mou et Converse ®, bouche framboise et yeux gris-bleu sur une peau d’albâtre… qui, à la toute fin du spectacle, nous gratifie de quelques instants d’un chant cristallin inattendu et gracieux.

Son point de vue sert d’intermédiaire entre Gérard Rouzier et le public et permet de soulever des problèmes à la fois simples et fort complexes : Dieu, en créant la femme à partir de l’homme, était-il macho ? Comment se fait-il que Noé, l’homme intègre, se soûle avec le produit de sa vigne ? À ces questions, Rouzier père tente d’apporter, avec toutefois beaucoup d’humilité, des pistes de réponse, en des termes très simples et souvent avec une touche d’humour. Finalement, l’exégèse, ce n’est pas si compliqué que cela…
De ce point de vue, le spectacle vaut donc le détour. Loin de se résumer à un dialogue pontifiant, il parvient à faire réfléchir le spectateur, à faire appel à son intelligence et à sa sensibilité. Pour cela, Gérard Rouzier apporte des éclairages qui ne sont pas tant le fruit de lectures savantes que celui de sa propre réflexion, montrant ainsi la portée universelle du texte de la Genèse. Mais, en plus de cela, il sait, à certains moments clés, donner à ce récit mythique des accents plus théâtraux, qui résonnent avec force sous la haute coupole de la chapelle. Sa voix se fait menaçante, son regard sévère, comme lorsqu’il aborde l’épisode crucial d’Ève croquant le fruit de l’arbre de la connaissance. Le gentil professeur se fait alors terrible père fouettard, Dieu le père maudissant le serpent, animal désormais condamné à marcher sur le ventre et à manger de la poussière toute sa vie. Fini de rigoler au jardin d’Éden.
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Caïn et Abel, Noé, sa femme, ses fils et les femmes de ses fils, toute la Genèse apparaît ici comme une vaste et passionnante histoire de famille, écrite et transmise au fil des générations. Avec son spectacle, Gérard Rouzier se propose d’être l’un de ses passeurs, on pourrait presque dire un conteur. Mais le ton qu’il emploie, calme, maîtrisé (ce qui ne veut pas dire monocorde ou ennuyeux), fait toujours échapper le récit à la simple dimension narrative, au suspense, en le plaçant d’emblée dans une dimension intemporelle, mythique. Et il n’y a pas d’inquiétude à avoir : le propos de Gérard Rouzier n’est pas de convertir qui que ce soit, plutôt d’inviter les spectateurs à réfléchir à partir de ce grand récit fondateur de toute la culture occidentale, bref, à interroger notre présent par nos origines. »

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Télécharger le dossier complet : La Genèse 1-11

18/05/2010

La Genèse 1-11

Création au festival d'Avignon, juillet 2010

Après l’Evangile selon Saint-Jean, qui fut pour moi une Révélation puis un témoignage, après l’Apocalypse, que je montai pour répondre à des signes alors qu’objectivement cela me semblait une folie, et qui devint au fil du temps, aussi, un témoignage, l’idée de dire les 11 premiers chapitres de la Genèse me taraudait depuis plusieurs années.


1010485846.JPGCe texte fondateur de notre civilisation, ces récits mystérieux, souvent très perturbants, parfois révoltants, m’interpellaient sans cesse. Et chaque fois que je tentai, par peur ou par colère, de m’en éloigner, ils me rappelaient, d’une manière ou d’une autre.
Alors je me suis lancé, encore une fois j’ai plongé dans un texte immense, je me suis cogné, fâché, blessé, parfois je comprenais, parfois je désespérais, et au bout de ce véritable combat, un sens lumineux, profond, s’est fait jour.
Mythes, symboles et  réalités ont petit à petit cheminé, et mon espoir en disant aujourd’hui ce texte au public, c’est que comme pour l’Evangile et l’Apocalypse, ce travail et ce cheminement permettent de donner à entendre non seulement les paroles, mais aussi les échos, les ouvertures, les réactions d’un homme d’aujourd’hui en proie aux questions éternelles de sens, mais dans un temps bien particulier, le nôtre. L’expérience m’a appris que l’expression de cette subjectivité rejoint  la subjectivité de chacun,  et sans imposer une interprétation, touche profondément celui qui entend.
Puisse ce travail être l’occasion de nouvelles rencontres entre un texte multimillénaire et fondamental, non seulement comme je le disais fondateur de notre civilisation, mais aussi nourriture spirituelle depuis les origines, et des  spectateurs d’aujourd’hui, confrontés aux complexités du monde contemporain, à ses incertitudes, ses doutes, ses menaces. Et ses questions éternelles…

Gérard Rouzier

 

Un père raconte la Bible à sa fille

Ce partage avec le public d’un moment de transmission donne à entendre non seulement le texte, mais aussi les échos,  réflexions et réactions d’une adolescente et d’un homme d’aujourd’hui, confrontés aux complexités du monde contemporain, à ses incertitudes, ses doutes, ses menaces. Et ses questions éternelles…


Chapelle de l’Oratoire
32 Rue Joseph Vernet, Avignon

Du 12 juillet au 31 juillet, à 13h

Prix : 15 € - 10 €
Durée du spectacle : 75'

Voir aussi La Genèse, une histoire de famille : la critique de Céline Doukhan dans Les trois coups

17:45 Publié dans Spectacles | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : avignon, genèse

16/05/2010

Du Châtelet à Ravensbrück, une opérette improbable

Certains d'entre vous se souviennent peut-être, dans Rose et Jeannot, de la Reine du Mal, ou de la tortue. Les deux personnages étaient interprétés par Bérénice Collet, qui jouait également Moutarde et une petite fille de l'orphelinat.

Depuis Rose et Jeannot, Bérénice a, entre autres choses, fait quelques mises en scènes au théâtre du Châtelet, et notamment Le Verfügbar aux Enfers, une œuvre incroyable et extraordinaire, une opérette écrite par Germaine Tillion alors qu'elle était internée à Ravensbrück entre 1943 et 1945. Un texte terrible, bouleversant, et en même temps plein d'humour, qu'elle a écrit cachée dans une sorte de cuve, au milieu de l'Enfer effectivement.
Je suis dans le métro, La Reine du Mal, la tortue, Moutarde et la petite fille m'appellent.  Pour le 65e anniversaire de la libération du Camp, on lui demande une représentation du Verfügbar. Il faut remplacer un comédien au pied levé. On joue dans 12 jours.

- Tu es où, là ?
- Dans le métro, je prends un train à la Gare de Lyon.
- J'habite à la gare de Lyon.
- Bon. A tout de suite.

Nous avons répété au Châtelet, avec les chanteuses du Châtelet, et 35 lycéennes du Lycée La Fontaine à Paris, qui avaient travaillé les chœurs pendant un an avec leurs professeurs.
Le texte, l'implication des uns et des autres, interprètes, metteur en scène, régisseur, chef de chœur, chef d'orchestre, pianiste accompagnatrice, staff administratif, est sans faille. Le texte de Germaine Tillion, les chansons, reprises d'air connus de l'époque sur lesquels elle a mis des paroles racontant leur vie au camp - certains airs sont introuvables, un musicologue a re-composé presque entièrement certaines chansons - tout cela, traité, ce qui est incroyable, avec humour, nous plongent dans un univers hallucinant.

Mme Postel-Vinay, qui était internée avec Germaine Tillion à Ravensbrück, vient un jour à une répétition. Les lycéennes l'entourent. Elle raconte.

Le départ en avion pour Berlin aura lieu le jeudi 15 avril.

Le 15 avril, alors que nous sommes prêts à embarquer, un lointain volcan islandais oblige tous les aéroports du Nord de l'Europe à fermer. Les trains sont pris d'assaut, les agences de location de voiture sont submergées (et nous sommes 45), le staff administratif se démène. A 19 heures, le verdict tombe. Le spectacle est annulé.

Au désespoir des lycéennes en larmes répond la torpeur de tous les adultes présents, artistes et administratifs (les techniciens et le chef d'orchestre sont déjà là-bas, eux).  Nous sommes assommés.

A partir de ce moment, pendant une vingtaine d'heures, nous partirons à 6 heures du matin à la gare du Nord, non, ça ne marchera plus,  si, non, l'armée va nous aider, non, si, le ministère de la Culture s'en occupe, l'ambassade de France en Allemagne prend l'affaire en mains... Non, c'est vraiment annulé. A moins que. Non, on a cru que, mais ça ne marche pas. On ne peut tout de même pas se téléporter. Le lendemain, (on n'y croit plus), à midi, le téléphone sonne pour la dixième fois : on part à 14 heures de la place du Châtelet avec un car de l'armée. Heureux, bien que redoutant un périple Paris-Berlin dans un camion bâché, sur des bancs en bois, dos à dos avec les partenaires et un fusil entre les jambes, nous nous retrouvons tous au Châtelet.

Partis à 15 heures, nous arrivons à 7 heures le lendemain matin. Trois heures de sommeil, nous arrivons au camp. Baraquements, grande cour, la scène a été montée à l'endroit où l'on faisait l'appel, toutes les nuits, à 3 heures du matin, où les femmes exténuées restaient debout pendant des heures. De la scène, on voit la cheminée du four crématoire.

Un raccord micro, la rencontre avec les musiciens et les lycéennes allemandes, quelques dames âgées, anciennes déportées, avec qui nous échangeons quelques mots.

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A 15 heures, nous jouons  Le Verfügbar aux Enfers » devant un millier de personnes, parmi  lesquelles des amies de Germaine Tillion, (morte en 2008 à l'âge de 100 ans), des femmes qui ont vécu l'horreur sur ce même lieu où l'œuvre a été écrite il y a 65 ans. Certaines sont accompagnées de leurs petits-enfants.

Après le spectacle, les lycéennes pleurent, les vieilles dames viennent nous dire leur émotion.

Comme le dira le chef d'orchestre : on vit des moments comme cela une fois dans sa vie.

Retour le lendemain. 35 heures de car en 3 jours.

C'est fini. Pas Complètement. Vous pouvez voir cette représentation du Verfügbar aux Enfers grâce à un DVD.

Mise en scène : Bérénice Collet

Direction musicale : Stéphane Petitjean
Mise en espace : Bérénice Collet

Le Naturaliste : Gérard Rouzier
Nénette : Claire Delgado Boge
Havas : Sophie Ponjiclis
Marmotte : Patricia Fernandez
Lulu de Belleville : Emmanuelle Goizé
Rosine : Camille Slosse
Lulu de Colmar : Béatrice Dupuy

Coproduction : Théâtre du Châtelet et Mémorial de Ravensbrück.

20:33 Publié dans Spectacles | Lien permanent | Commentaires (1)